20.02.2010
Il aspire des fortunes
L’agent de l’I.R.S., Larry B. Max, monte une souricière pour capturer All Watcher. Celui qu'on surnomme le trou noir financier, Black Hole. A savoir, une personne qui profite de l’argent qui disparaît tous les jours de l’économie officielle. L’opération de Larry échoue. Toutefois, ce soir là, il a le sentiment qu’All Watcher est parmi les personnes chargées de le capturer. Y figure en bonne place Vincent Coutellier, un escroc français de grande classe. C’est le seul d’entre eux qui a eu la désagréable expérience de rencontrer Black Hole. Deux ans plus tôt, Coutellier s’est lancé dans une affaire lucrative liée à des sites pétroliers. Il ne savait pas qu’il jouait dans une pièce réservée à All Watcher. Lequel lui a donné un avertissement sans frais. Puis, Vincent a effectué de mystérieuses et anonymes négociations avec la séduisante Roxana Wilson. En se faisant passer pour lui, Larry rencontre Roxana qui essaie de lui vendre des favelas brésiliennes apparemment sans valeur…
Une aberration criminelle
Pour sa série parallèle à I.R.S., All Watcher, le scénariste Stephen Desberg a choisi un sujet crédible même pour les initiés: l’existence de Black Hole, une aberration criminelle tapie au coeur des marchés financiers qui aspire à elle illégalement des fortunes colossales. Fasciné par les secrets des mécanismes bancaires, Desberg imagine la traque par Larry de cette entité. Le scénariste ose commencer son histoire par la scène finale où tous les suspects possibles sont rassemblés. Chaque album devait être un one shot, mais, le mystère que représente ici les favelas brésiliennes reste entier… Riche en rebondissements, suspense et coups de théâtre, le scénario fonctionne bien même si la séquence où Larry échappe à la mort en lançant son GSM à la tête de son agresseur est peu vraisemblable. Le dessinateur Daniel Koller s’en sort bien avec son graphisme réaliste. Il apporte aux planches de l’album beaucoup de dynamisme.
Un thriller passionnant qui utilise avec bonheur les ressorts du roman policier et du récit d’espionnage...
Marc Bauloye
IRS All Watcher T2 La nébuleuse Roxana Koller Desberg Lombard
21:29 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cases, phylactères
19.02.2010
Voyage au bout de la nuit

Boston. Mars 1958. Deux marshals fédéraux, Teddy Daniels et Chuck Aule, sont invités à rejoindre Shutter Island, une île bizarre sur laquelle se trouve un institut psychiatrique très singulier qui abrite des fous criminels particulièrement nuisibles. On leur demande de retrouver une patiente, Rachel Solando, qui a mystérieusement disparu. Mais, Daniels est frappé par le manque de coopération du personnel. Infirmiers et médecins semblent dissimuler un lourd secret. Alors qu’une forte tempête approche, les recherches commencent et les fédéraux ne comprennent pas comment Rachel a pu s'échapper. Il apparaît très vite que Daniels n’est pas venu par hasard: il poursuit l’homme qui a tué accidentellement sa femme et ses enfants. Que va-t-il découvrir sur lui-même au bout de sa quête ?
Christian De Metter réalise ici une adaptation à couper le souffle du livre Shutter Island de Dennis Lehane. A l’occasion de la sortie du film tiré du roman et réalisé par Martin Scorsese (avec dans le rôle principal Leonardo Di Caprio), Shutter Island se trouve à nouveau sous les feux de l’actualité. Dans cette oeuvre, on retiendra le goût de De Metter pour les intrigues complexes et le suspense psychologique. Dès le départ de ce huis-clos terrifiant, le lecteur est plongé dans une atmosphère d’angoisse. Le mystère plane autant sur les pensionnaires que sur les enquêteurs. Il va en s’épaississant jusqu'au dénouement complètement inattendu. Tout est construit avec une précision d’horloger suisse pour en arriver à une chute ébouriffante. Les personnages de la BD offrent des portraits psychologiques à ce point fascinant qu’on dévore le récit d’un trait avec des frissons sur l’échine. On y retrouve aussi les thèmes de prédilection de Lehane: la vengeance, le remords et la culpabilité. Et, le récit soulève aussi la question de la maltraitance des malades mentaux. Le traitement graphique de ce thriller est exécuté de façon magistrale avec une galerie de protagonistes aux visages inquiétants. A dessein et avec talent, l’auteur utilise la bichromie pour créer des ambiances glauques et des couleurs pour les scènes oniriques.
Polar, roman graphique ou film nous invitent à un voyage haletant au bout d’une nuit de cauchemar…
Marc Bauloye
Shutter Island De Metter Lehane Rivages/Casterman/Noir
20:44 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cases, phylactères
18.02.2010
Au nom du père

De son père, qui croyait en lui, Orson, un jeune homme aux obsessions délirantes, a reçu une machine à écrire et un nom difficile à porter puisqu'il s'appelle Wells. Pour fuir la morosité familiale, il débarque à Hollywood avec la ferme intention de faire carrière comme scénariste de films. Alors qu'il se destine au cinéma d'auteur, le producteur Julian Katzberg l'engage pour faire le scénario d'un remake des années 80 Fright Night avec la sulfureuse Candy Lapointe dans le casting. Candy et Orson se plaisent mais la jeune femme devient la cible des media qui ne voient en elle qu'une poupée. Ne supportant pas d'être dénigrée, Candy met fin à ses jours. Au grand désespoir d'Orson. C'est alors qu'il apprend la mort de son père. Accompagné de Marsellus Bullock, un écrivain complètement fêlé, Orson fait route vers sa ville natale. Il y retrouve sa mère très affectée et Herbert, son frère, très revanchard. Il va devoir rapidement régler ses comptes avec ce frère qui lui reproche d'avoir quitté la maison l'obligeant ainsi à aider son père dans son magasin. Comment Orson va-t-il assumer ses nouvelles responsabilités sans abandonner son métier de scénariste ?
La parenthèse nécessaire
Le piment de l'intrigue imaginée par Gihef se situe sur deux plans particulièrement passionnants. C'est d'abord l'histoire d'un jeune loup cherchant sa place à Hollywood. Sur ce point, la culture cinématographique de Gihef impressionne. Moins évident, mais tout aussi riche, est d'avoir imaginé un personnage faible et complexe confronté à ses ambitions, ses peurs obsessionnelles et son passé. Cet épisode est la parenthèse nécessaire pour mieux comprendre Orson, cet anti-héros que l'on trouve très vite attachant. Le portrait truculent de Marsellus ajoute du piquant dans le récit. Par ailleurs, Gihef excelle dans la mise en scène, le découpage cinématographique et les références au 7ème Art. Dans un style ligne claire proche de celui de Berthet, Eric Lenaerts parvient à rendre intéressants les moments les plus banals. Il nous gratifie d'une galerie de personnages hauts en couleurs. Et, il parvient à faire passer à merveille les moments de tension. La seule déception que peut avoir le lecteur réside dans le fait de quitter déjà Hollywood le temps d'un intermède indispensable.
Les amateurs du 9ème et du 7ème Art vont se régaler...
Marc Bauloye
Mister Hollywood T2 Jersey Boy Lenaerts Gihef Dupuis
16:52 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cases, phylactères



