25.12.2009
Splendide et touchante Marilyn

Manhattan. 1959. Timide, complexé, l'écrivain Norman Wells rencontre Truman Capote et l'aide à ramener chez lui sa compagne. Au matin, Norman rapporte l'escarpin de celle-ci qui n'est autre que Marilyn Monroe. L'actrice, qui se remet de sa liaison avec Yves Montand, se prend d'affection pour Norman qui vit un rêve éveillé. Une étrange relation, faite de séduction, de confiance et d'abandon, se tisse entre ces deux êtres en tout points dissemblables. Un soir d'hiver, le couple part en balade dans la campagne enneigée à bord de la Peugeot 203 coupé de l'écrivain. Une panne de moteur les oblige à demander refuge dans un étrange manoir dont les habitants paraissent irréels. C'est alors que les deux amis vont passer de l'autre côté du miroir et faire une découverte ahurissante...
Profondément original, le scénario de Christian De Metter se révèle être un petit bijou. Comme d'ailleurs la représentation graphique en couleurs directes d'une Marilyn lumineuse tout au long de l'album. Les personnages secondaires sont eux aussi particulièrement réussis, tout comme le cadre et les décors, à dessein fantomatique et inquiétants. De Metter évoque pour nous un épisode - imaginaire ?- de la vie de la star fort éloigné de ses frasques sentimentales. Un randonnée qu'elle aurait pu vivre. Il pratique aussi l'art de l'histoire à chute. Le lecteur est surpris jusqu'à la dernière page. Ce récit, qui se lit d'abord au premier degré, trouve un tout autre sens si l'on se donne la peine de se laisser conduire vers une interprétation psychologique. Marilyn avait des problèmes d'identité et d'image. Elle n'avait pas réussi à faire le deuil de son enfance. Et, pour ce récit, De Metter s'est inspiré du roman de Lewis Carroll, Alice, de l'autre côté du miroir qui évoque le passage de l'enfance à l'âge adulte. Par ailleurs, l'auteur a appris qu'un homme, un de ses fans, avait vraiment passé beaucoup de temps avec elle. Il est donc difficile de déceler le vrai du faux. Dialoguiste inspiré, De Metter nous offre un moment de rêve avec une star éblouissante. Mais, on a peine à croire que Norman passe la nuit avec Marilyn sans essayer de la séduire ! Fantastique, poétique, subtil, ce portrait nous touche et nous envoûte autant que le superbe traitement graphique.
Un conte étonnant où Marilyn crève à nouveau l'écran...
Marc Bauloye
Marilyn, de l'autre côté du miroir De Metter Casterman
12:29 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cases phylactères




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